En 2009


La cardiologie, une spécialité efficace et éthique

Mis en ligne le 26-11-2009

Le Syndicat National des Spécialistes des Maladies du Coeur et des Vaisseaux prend acte des conclusions du communiqué du 28 avril 2009 de l’Assurance Maladie sur la prise en charge de l’infarctus du myocarde en France :

« Une prise en charge satisfaisante des malades pendant et après leur hospitalisation »

Il s’agit d’une étude [1] exhaustive portant sur 14 000 patients, couverts par le Régime général, hospitalisés pour un infarctus du myocarde au cours du premier semestre 2006.

L’analyse épidémiologique confirme des données connues : 7 fois sur 10 il s’agit d’un homme d’âge moyen de 66,7 ans, contre 74,7 ans pour les femmes et dans 25 % des cas l’âge était inférieur à 55 ans. Les deux tiers étaient déjà suivis pour une pathologie cardiovasculaire ou traités préventivement et 1 patient sur 5 était diabétique.

La prise en charge hospitalière publique et privée est performante : 90 % des patients (et 96 % des patients < 75 ans) sont orientés dans un centre susceptible de pratiquer une angioplastie. Celle-ci a été pratiquée dans 60,7 % des cas (plus de 70 % avant 65 ans).

Le taux de survie à la sortie est de 90 % soit respectivement de 98 % pour les moins de 55 ans et de 95% pour la tranche de 55- 64 ans, correspondant à une réduction de la mortalité de moitié en 10 ans selon les données actuelles de la Société Française de Cardiologie.

L’analyse de la prise en charge secondaire montre que 60 % des patients ont une quadrithérapie (bêtabloquants, antiplaquettaires, Inhibiteurs du système rénine/angiotensine et statines) et ce pour 7 patients sur 10 avant 75 ans.

Cette prise en charge est meilleure en France que dans des pays développés comparables : ainsi note-t-on 58 % de quadrithérapie aux USA (2005), 52 % au Canada (2003) et 41 % en Autriche (2004) avec un niveau comparable de prescription de statine pour ces pays.

Cette quadrithérapie est mieux prescrite de manière significative (p < 0,001), lorsque le patient est suivi par un cardiologue en post hospitalisation, comme le montre l’analyse détaillée de l’étude [2].

Cependant seulement 46,3 % des patients ont consulté un cardiologue, une fois ou plus dans les six mois [3] qui suivent leur hospitalisation.

Cette étude montre également que la prise en charge est similaire quel que soit le degré de ressources, puisque les différents taux sont strictement équivalents pour les patients en CMU-C.

C’est précisément cette amélioration combinée de la prise en charge aiguë et de la prévention secondaire qui a pu faire reculer à ce point la mortalité cardiovasculaire en France [4].

Le Syndicat National des Spécialistes des Maladies du Coeur et des Vaisseaux regrette que seulement un patient sur deux soit pris en charge de la manière coordonnée optimale qui permet une amélioration de la prévention secondaire.

Le Syndicat National des Spécialistes des Maladies du Coeur et des Vaisseaux engage les responsables du système de santé à informer les patients pour favoriser l’efficience de la coordination entre les médecins traitants et les spécialistes des maladies du coeur et des vaisseaux.

[1] Infarctus du myocarde : une prise en charge satisfaisante des malades 28 avril 2009 - Caisse Nationale de l’Assurance Maladie.

[2] Philippe Tupin, Anke Neumann, Nicolas Danchin, Alain Weill, Philippe Ricordeau, Christine de Peretti, Hubert Allemand ; « Combined Secondary Prevention after Hospitalization for Myocardial Infarction in France : analysis from a Large administrative Database », http://www.em-consulte.com/produit/ACVD Archives of Cardiovascular Disease (2009) 102, 279-292.

[3] Philippe Tupin, Anke Neumann, Nicolas Danchin, Alain Weill, Philippe Ricordeau, Christine de Peretti, Hubert Allemand ; « Combined Secondary Prevention after Hospitalization for Myocardial Infarction in France : analysis from a Large administrative Database », http://www.em-consulte.com/produit/ACVD Archives of Cardiovascular Disease (2009) 102, 279-292.

[4] BEH, n° 35/36, 18 septembre 2007, p. 314.


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